L'EXPRESS DE MADAGASCAR | JOUR 9
Ce matin il n’y a pas de conférence de rédaction ; le vendredi soir, les journalistes (surtout ceux traitant de la culture et du sport dont l’actualité du weekend est riche) inscrivent sur un grand tableau blanc de la rédaction la feuille de route des photographes pour les journées de samedi et dimanche.
Pour moi, ce sera « rallye automobile virtuel ». ??
J’appelle Lucas, le journaliste sportif, pour comprendre. Il m’indique que dans l’enceinte du Palais des Sport seront installés une vingtaine d’ordinateurs reliés en réseau et que pendant toute la journée se succéderont des courses de rallye sur jeu vidéo.
J’arrive à 10h au Palais des Sport ; toutes les portes sont fermées sauf une petite entrebâillée, je rentre et j’erre dans les couloirs silencieux pour finalement déboucher sur une immense salle des sports encombrée de câbles ; Au fond on installe visiblement tout un équipement son et lumière pour un concert ; je me souviens que le concert de Mahaleo, groupe de world music très populaire à Madagascar, prévu pour demain, était indiqué sur le tableau ; je fais quelques images du montage qui pourront peut être intéresser la rédaction et me remet en quête de mon rallye automobile qui pour l’instant reste effectivement très virtuel.
Finalement dans une petite salle adjacente, je tombe dessus ; tout y est : les sièges backés, les gants pour les pilotes, la structure gonflable indiquant le départ, les coupes, les officiels en gilet, mais point de voiture, seulement des ordinateurs et des écrans.
Je commence à photographier, mais je me fais rapidement reprendre : je suis trop près, ou alors trop bruyant ; je leur fais valoir que si l’idée est pour eux de simuler un vrai rallye automobile, le bruit ne devrait pas être un problème, et que des images d’ordinateur contre un mur ne pourront pas être publié par mon journal pour rendre compte de l’événement ; l’argument fait mouche un moment, je peux travailler avant finalement de me faire virer proprement ; incroyable, après avoir suivi sans difficultés un conseil des Ministres, une veillée funèbre, ou enquêter sur un trafic de faux taxi, je suis de trop pendant une compétition de jeu vidéo.
Je profite de mon exclusion anticipée pour discuter avec un journaliste de l’Express de passage sur sa vision du métier ; après des études universitaires sur le Développement, il est devenu journaliste un peu par hasard ; il n‘est pas passionné d’information mais vit ce métier plutôt comme un apprentissage accéléré : trouver un sujet et un angle approprié, établir des contacts, faire le travail de terrain puis écrire un article le tout chaque jour et avant 19h c’est un défi et cela permet en outre de se créer un réseau rapidement ; "avec un salaire mensuel de 100€, impossible d’en vivre si je n’étais célibataire ; encore quelques années et je postule dans le département communication d’une ONG ou institution internationale" ; ceci dit sans regret ni rancœur, simplement de la lucidité ;
Le parcours semble t il de nombreux journaliste malgaches

au cœur de la nuit, une équipe arrange les feuillets de l'Express de Madagascar qui doit sortir dans quelques heures.












